FORMATION EN ANTHROPOLOGIE
Thème : « Il n’est jamais trop tard pour vivre : Il nous aime jusqu’au bout »
Samedi 21 et dimanche 22 novembre 2026 (9h – 18h) à la Villa Maguelone, Montpellier
Intervenants : Jacky BODELIN et Laurence BOUNON, psychanalystes
La précédente session, « Corps et Parole », nous avait conduits à interroger le risque de réduire le corps humain à son fonctionnement et la parole à un simple discours, en oubliant l’unité du sujet vivant. Nous voudrions poursuivre ce chemin, là où cette question devient particulièrement radicale : lorsque le corps défaille et que la mort approche, qu’est-ce qui nous permet encore de reconnaître et d’accompagner un vivant ? Le discours développé pendant quarante ans par les soins palliatifs n’a pas suffi à empêcher que la question de la fin de vie soit aujourd’hui posée essentiellement en termes de droits, d’autonomie et de possibilité de décider de sa mort. Nous avons laissé de côté la question qui était pourtant au commencement : qu’est-ce qu’un homme ? Et, plus radicalement encore, qu’est-ce que vivre ? Comment prétendre accompagner quelqu’un jusqu’à sa mort sans nous interroger sur ce que « vivre » veut dire ? Le développement des soins palliatifs s’inscrit dans une mutation anthropologique beaucoup plus vaste, commencée bien avant eux, et dont nous retrouvons les effets dans toute la société : dans la médecine, dans l’organisation des soins, mais aussi dans les Églises et jusque dans notre manière de penser la spiritualité. Notre propre expérience de la naissance et du développement des soins palliatifs en France, notamment à la Mirandière à Dijon, nous a conduits à interroger ce déplacement. Nous avons ainsi retrouvé, dans le parcours et les écrits de Cicely Saunders, figure majeure du mouvement moderne des hospices, une histoire profondément enracinée dans la foi. Chez elle, médecine et spiritualité ne constituent pas deux domaines qu’il faudrait ensuite articuler : ils procèdent d’une même approche de l’homme. Le malade qu’elle soigne jusqu’à sa mort n’est pas seulement un malade envers lequel sa foi lui commanderait d’être charitable ou « bienveillante ». C’est une personne et c’est au cœur de la relation avec elle que le Christ se rend présent et que nous avons à le reconnaître : « Je suis convaincue dit-elle que la pierre de fondation (des hospices) la plus importante que nous puissions avoir provient de cette synthèse de tous les besoins des mourants qui nous a été donnée dans le jardin de Gethsémani, à travers ces simples paroles : « Veillez avec moi. ». Ce « veillez avec moi, insiste-t-elle par ailleurs, nous rappellent également que nous n’avons pas commencé à en saisir toute la signification tant que nous n’avons pas une certaine conscience de la présence du Christ à la fois dans le patient et dans celui qui veille auprès de lui. ». Nous essaierons d’entrecroiser cette double dimension anthropologique et spirituelle. Nous nous aiderons de la vision d’un film, de la lecture de textes et des échanges multiples entre nous.
Participation aux frais : 40€ à 50€ (chèque à l’ordre du Pôle ignatien
Repas de midi tiré du sac
Inscription : poleignatien34@jesuites.com